Reflets du cristal
©Jacques Piffret
Instruments tabous, parfois rejetés parce que méconnus, parce que réputés trop purs, trop libres dans leur entretien sans effort apparent, sans emphase corporelle, L'harmonica de verre et le Cristal Baschet peuvent pourtant nous laisser dériver vers de nouveaux territoires d'écoute. Ils sont parmi les plus rares et les seuls instruments qui nécessitent l'emploi des quatre éléments dans leur réalisation : le feu, le souffle et la terre pour les façonner, l'eau pour les faire chanter. Composé de 37 verres frottés par les doigts mouillés qui tournent sur un axe, le glassharmonica fut inventé en 1761 par Benjamin Franklin, qui entendit un musicien jouer sur des verres à pieds posés sur une table. Il décida d'en améliorer le principe. Paganini l'avait surnommé l'orgue angélique. Grâce à la virtuosité qu'il permet, Mozart, Beethoven, C.P.E. Bach, Weber, Donizetti parmi d'autres, ainsi que des compositeurs contemporains (Dusapin, Benjamin, Connesson…) se sont laissé séduire, tout comme la musique de film qui l'a adopté grâce à Philippe Sarde, Gabriel Yared, Nino Rota ou Alexandre Desplat.
Musique