Hybridation
©Didier Carluccio
Né en 1959 à Brazzaville au Congo, biologiste de formation, Olivier de Sagazan se tourne vers la peinture et la sculpture en 1987, activité qu’il n’a cessé depuis cette époque. De sa passion de donner vie à la matière, lui est venue l'idée de recouvrir son propre corpsd'argile afin d'observer «l'objet » qui en résulte. Cette expérience a donné lieu à la création performance solo, « Transfiguration » en 1998.
Dans la continuité de la performance Transfiguration, deux personnes sculptent l'argile sur leur tête, s'y enfouissent, effacent leur identité et deviennent des œuvres vivantes, se métamorphosant avec le corps de l'autre, créant dialogue, fusion, rivalité et amour.
Tour à tour, elles oscillent entre marionnettiste et marionnette, conscientes que la question de l'identité se construit dans la relation à l'Autre. Mais lorsque la matière les aveugle, elles sont contraintes de se tourner vers l'intérieur, au plus profond de leur être. Dans une performance fascinante, expressive et totale, elles changent d'identité sur scène, passant de l'homme à l'animal et de l'animal à diverses créatures hybrides. Elles percent, effacent et déploient les strates de leur visage dans une quête frénétique et débridée. Se peindre et se sculpter devient une forme de rituel à la frontière de la danse et de la transe, où l'improvisation est la matrice.